Si les années à 13 lunes sont réputées pour laisser des traces indélébiles dans la mémoire collective des vignerons, 2012 n’a pas fait exception à la règle. Tant il est vrai que la lutte contre les maladies cryptogamiques fut difficile. Mais la nature sait rendre honneur à ses bons cultivateurs et grâce au très beau mois de septembre nos vignerons ont récolté des raisins d’une qualité remarquable, tant dans les teneurs en sucre que dans la parfaite maturité de leur évolution.
Les Chasselas:
Arômes discrets de tilleul miellé d’acacia, amples et souples, ils vous caressent le palais de leurs douces saveurs comme seul savent le faire les millésimes équilibrés. Heureusement, ils ne passent pas la soif!
Le Salvagnin:
Grâce à la douceur de l’arrière automne et profitant de l’excellent état sanitaire, la maturité des tannins s’est faite langoureuse et a donné des saveurs épicées, des côtés réglissés et des notes de fruits rouges ou noirs, au gré des proportions de mariages avec les cépages Garanoir et Gamaret.
Du plaisir en tout temps. A votre santé !
Les Pinots:
Les grappes constituées de petits grains, vraiment peu nombreux après la fleur, ont tiré de grands bénéfices de ce climat alterné de jours chauds et de nuits froides. Très aromatiques, denses et concentrés, les Pinots sont également tendres et riches, fruités aux arômes de framboise et cassis, à la hauteur de nos attentes pour la garde ou la consommation immédiate.
Jamais deux sans trois! C’est le proverbe que nous doutions de vérifier à la veille des vendanges. Pourtant, c’est en été qu’elles ont débuté voire en août pour les premiers jours de récolte des raisins destinés aux vins mousseux.
Attendu par Dame nature et par nous autres aussi, le week-end du Jeûne fédéral subissait des averses qualifiées de tropicales qui gorgèrent les baies d’un tendre jus. Puis plus rien, aussi quoi de plus facile que d’attendre chaque jour au soleil que la concentration se fasse en surveillant du coin de l’œil les prévisions météorologiques.
Comme il est plus facile de récolter en T-Shirt qu’en mitaines, les vendangeurs progressèrent rapidement. Les baies étaient très saines, hormis quelques Pinots qui ne supportaient pas les températures élevées de la fin août et marquèrent quelques flétrissements avancés.
Le cépage Chasselas, baromètre invariable de notre Canton, affichait des teneurs en sucre aux valeurs de grand cru tout en étant positivement croquant et alerte. Dès le 20 septembre les récoltes ont vraiement commencé et depuis ce jour-là aucune pluie n’a altéré la planification détaillée des vendanges.
C’est finalement avec une avance de deux semaines voire deux semaines et demi sur l’excellent millésime 2010 que ces récoltes se sont déroulées dans des conditions de rêve.
Les volumes de récolte sont qualifiés de généreux en comparaison des 2 dernières années. Dans les blancs, nous parlons de 22.5 millions de litres soit quelque 8 % de plus que les 2 dernières années.
Dans les cépages rouges, la diversité des cépages Vaudois donnent une variabilité étonnante de la date de vendanges. Ainsi, du plus précoce (certains cépages teinturiers comme le Dakapo) aux plus tardifs (Merlot ou Cabernet Franc), il y a plus de 50 jours d’écart.
A l’image de ces célèbres horlogers, la viticulture vaudoise ajuste avec précision son effort pour occuper toutes les niches du marché Suisse et international. Elle parcourt avec délice l’ensemble des palettes de saveurs que lui transmet une nature généreuse, en innovant et en perfectionnant son savoir de tradition.
Les vins blancs, à la suite de fermentations rapides seront souples, bien balancés avec des notes de pêches blanches. En bouche, parfois, une note saline précèdera cette douceur semblable aux vins de 2009.
Les rouges présenteront des couleurs soutenues et des bouquets fruités avec des tannins bien présents mais un peu moins austères que le millésime 2010, suivi d’un soyeux en bouche, d’une belle longueur et une ouverture fruitée marquée et riche.
Avec plus de 21 jours de vendange, épargnés de la pluie, le bilan qualitatif est réjouissant. La concentration des sucres et la dimension restreinte des baies donnent un résultat fantastique à la première dégustation des vins aux sortir de leurs fermentations alcooliques.
Proche du millésime 2009 dans les degrés avec des moyennes de plus 78 °Oe les Chasselas sont aromatiques, sur les pêches blanches, ronds en attaque et vifs en bouche l’équilibre est bien balancé. Les volumes sont relativement faibles et la récolte peut être considérée comme petite.
Les Pinots et Gamay ont également une teneur en sucre très élevée, entre 92 et 100 degré Oe. La densité des baies donnent des vins très colorés aux reflets intenses et violacés. Les arômes primeurs sont les fraises, le cassis et la sauge. En bouche la structure et également plus nerveuse que 2009 avec une saveur corsée et encore rugueuse.
Les Garanoirs et Gamarets sont des réussites colorées et structurées à souhait avec des saveurs réglissées et sauvages.
Le bouquet des Merlots fleure les pruneaux et le lierre tandis qu’en bouche, leurs charpentes sont bien encadrées par des tannins virils. La patience a permis de récolter ces raisins avec des teneurs en sucre supérieures à 100 degré Oe, soit un potentiel de 13.5 % volume alcool.
Dans les spécialités, le Gewuertraminer s’est fait rare sur la Côte, car ses productions sont de l’ordre de 300 g/m2. Leurs arômes de litchis sont envoutants. Sauvignon et Viognier rejoignent la cohorte des cépages aromatiques avec des raisins d’excellents équilibres sains, indemne de botrytis.
Les installations de réception ont fonctionné à satisfaction. La nouvelle réception de Morges, après quelques réglages a permis de séparer les spécialités et de traiter des lots de toutes sortes déchargeant la réception principale. Les inscriptions par téléphone facilitent le travail de planification.
Les séparations des différentes sélections faites à la vigne nous donnent une excellente traçabilité et conforte nos exigences quant aux choix des dates de récoltes.
Nous remercions les visiteurs de vignes de la qualité de leurs appréciations.
Les vinifications se déroulent normalement, certains vins ont terminés leur 2 ème fermentation et nous bénéficions du froid extérieur pour les stabiliser physiquement.
Un assemblage de Galotta, Gamaret, Garanoir et Diolinoir , très riche, et coloré et structuré, ce vin élevé en barriques dispose d’un excellent potentiel de garde.
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